AMÉLIE, UN PARCOURS QUI DÉMÉNAGE

Par Le Valdocco 7 mois ago

De Lille-Sud, un quartier prioritaire dont elle est originaire, à l’ICAM, une école d’ingénieur, le chemin n’était pas évident. Amélie l’a tracé, avec l’appui du Valdocco qui aujourd’hui peut compter sur elle.
 

 

De Lille-Sud au Viet Nâm

Amélie, 22 ans, est née dans le quartier de Lille-Sud, un ancien quartier ouvrier où se côtoient des habitants de différents horizons, Lillois d’origine ou étrangers, dont beaucoup originaires du Maghreb. Le quartier, fait friches industrielles, de petites maisons en brique rouge et de quelques grands ensembles est classé zone de sécurité prioritaire. C’est aussi un quartier en devenir qui peine à se défaire des représentations stéréotypées qui lui sont attribuées. Une stigmatisation qui n’est pas sans effet sur les ambitions de ses jeunes habitants.

En traçant sa route et en se lançant dans des études longues d’ingénieur, Amélie a su tordre le cou à ces représentations. Cinq ans d’études à l’ICAM, un stage au Viet Nam, puis en France dans l’écoconstruction, elle sera diplômée à la fin de l’année.

Le Valdocco, pour ouvrir les possibles

Amélie explique que ce parcours ne s’est pas imposé à elle dès le début. C’est notamment au contact du Valdocco qu’elle a pu prendre confiance en elle et ré-envisager ses projets professionnels. Une trajectoire qui est le résultat d’un choix personnel : « le Valdocco n’a pas en soi pour objectif de pousser les jeunes vers les diplômes les plus prestigieux ; l’important c’est qu’ils découvrent leurs talents pour choisir librement » explique Armelle, directrice du Valdocco Lille.

Amélie a connu le Valdocco Lille dès son ouverture. Petite, elle y allait le mercredi avec ses frères. Elle y a rencontré d’autres jeunes, qui sont resté des amis, et a pu y occuper son temps libre avec des activités ludiques et formatrices. Au soutien scolaire, un bénévole étudiant à l’ICAM aidait Amélie en mathématiques et en physique. La rencontre a fait germer ce projet d’études qui semblait un peu fou « Avant, pour moi, les écoles d’ingénieur, c’était pour les « fils à papa ». C’était inaccessible et bien trop cher ! »  dit Amélie.

Une pédagogie de la responsabilité

Pour réussir, il a fallu à Amélie beaucoup de détermination et d’investissement personnel, pas seulement sur le plan scolaire mais aussi à travers les jobs étudiants qu’elle a pu faire. Un exercice de responsabilité en quelque sorte, que le Valdocco a soutenu. Pour Amélie, l’association a représenté un environnement bienveillant qui lui a permis d’ouvrir son esprit et de s’affirmer.

« Le parcours d’Amélie illustre la pédagogie salésienne, qui veut préparer les jeunes à des vies d’adultes heureuses et engagées, résume Armelle.

Engagée, Amélie l’est. Après avoir bénéficié de l’accompagnement du Valdocco, elle est devenue à son tour bénévole, pour les activités de loisirs et pour l’aide aux devoirs… en mettant à son tour en oeuvre la pédagogie salésienne. Celle-ci repose sur la confiance et un système d’éducation des jeunes par les jeunes.  « C’est le contrepied de l’école », explique Amélie. « Si un jeune est turbulent, c’est justement à lui que tu vas donner le plus de responsabilité ». Les jeunes sont invités à s’entraider, par exemple les plus extravertis aident progressivement les plus introvertis à trouver leur place dans le groupe.

Un autre regard sur la jeunesse

En tant qu’animatrice, Amélie a vu ses représentations bouger. « Je me suis mise à envisager différemment les jeunes du quartier », témoigne-t-elle. « Ils sont souvent mis en difficulté par le regard des profs, on a l’impression qu’ils n’ont pas d’avenir. Alors qu’ils ont du potentiel ! il faut simplement les écouter un peu. »

Un rôle qu’elle assume avec simplicité, pour aider d’autres jeunes de son quartier d’origine à ouvrir les possibles.

 

[Propos recueillis par Clotilde Blanc-Lapierre et l’équipe comm’ du Valdocco]

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