De la politesse et du respect…

Par Le Valdocco 2 années ago0 commentaire

« Nique ta race ! » lance Amza à Samy. Je le regarde sans rien dire, outré. Comment un enfant de 10 ans peut-il insulter, sans aucune gêne et de façon naturelle, un de ses copains ?

Chez moi, dans le centre de Grenoble, personne n’oserait. Et dans le cas où quelqu’un transgresserait les règles de la politesse et du respect, on le lui ferait remarquer. Mais dans une des cités de Lyon, ce n’est qu’un banal « nique ta race ».

Mais est-ce la bonne solution de ne pas relever l’insulte ? Ne devrais-je pas faire la leçon à celui qui l’a proféré ? Cela risquerait d’attirer la haine de l’enfant envers moi. Mais si je ne dis rien, il réitèrera. Qu’aurait fait l’animateur expérimenté ? « Il n’y a pas de recette miracle » me dit-il. Don Bosco aurait répondu qu’il faut donner sa chance au jeune. Mais concrètement, qu’est-ce que « donner sa chance » ? Comment aider le jeune à s’améliorer ?

L’action du Valdocco apporte-t-elle du bon ? Selon moi, la réponse est oui. Grandir en jouant, tel est le fil conducteur chez nous, les scouts. Le jeu permet l’apprentissage de règles et du respect de celles-ci. Il favorise le vivre-ensemble, en équipe. Le jeu propose au jeune de se dépasser et de prendre confiance en lui. En cela, l’animation de quartier a un impact positif, du moins à l’échelle personnelle. 

J’ai été frappé par les grilles qui entourent chaque cité. Elles semblent matérialiser la barrière avec l’extérieur. Elles excluent encore plus les habitants. Ne faudrait-il pas mélanger les cultures, les milieux ? Cela pourrait attiser la méfiance et la peur de l’autre.

Mais 4 scouts dans une cité, c’est un échange culturel. Et cet échange ne m’a rendu ni plus méfiant, ni plus peureux. Bien au contraire. Il a aboli mes craintes et m’a permis de voir autre chose que ce que les médias montrent. Les sourires des enfants pendant les jeux, leurs questions souvent naïves sur mon quotidien, Baden Powell, fondateur des scouts, disait que rendre les autres heureux permet d’être soi-même heureux. J’espère donc avoir réussi, pendant ces trois jours au service du Valdocco, à donner aux enfants de quoi être heureux.

Enfin, j’aimerais dire un immense bravo à tous ceux qui s’engagent : donner de son temps pour les autres, quelle noble idée ! Alors pourquoi pas moi ?

Malo Sellier, 12/08/16

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  GRAND LYON
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