L’HUMAIN DANS L’ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE

Par Le Valdocco 3 semaines ago

Table ronde sur l’Economie circulaire à Vaugneray, le 03 avril 2018

Intervention de Monsieur Didier Prince Agbodjan (Professeur de droit International / Anthropologie à l’Université Catholique de Lyon).

La considération de l’Humain dans l’Economie Sociale et Solidaire : Il faut placer l’humain au centre de L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE et non l’objet.

Constats culturels et anthropologiques

Dans le monde occidental, il y a une « culture industrielle ». On parle d’ « homo-economicus ». Les personnes sont éduquées pour devenir des agents calculateurs de maximisation à la fois de gains et de profits. La pensée dominante est celle basée sur le profit. L’individu est formé à gagner quelque chose. On est réduit à l’agent calculateur en tant que consommateur autour de taches prédominantes : extraire / produire / consommer / jeter. L’objet est au centre, ce qui n’est pas le cas de la personne. Les objets sont marchandisés. On parle de « marché total ». La mondialisation accentue cet effet dans la mesure où elle accélère et globalise la culture de l’objet. Les sociétés industrielles ont développé cette culture marchande en réduisant la réalité à celle-ci.

Il existe un modèle alternatif comme dans les sociétés indigènes basé sur ces concepts : Donner / Recevoir / Rendre. Il y a là une notion d’échange symbolique. On donne de la valeur au fait de donner. On valorise l’échange : je donne, la personne reçois, la transmission est le vecteur d’échange. Les objets sont créés et orientés dans une logique de cohésion sociale. La relation prime sur l’objet afin de favoriser le lien social.

La notion de Réduire / Réutiliser / Recycler produit une boucle et fait que « l’on tourne en rond » car on oublie de mettre l’individu au cœur de ce procédé. C’est là selon Mr Agbodjan les limites de cette Economie Circulaire selon le modèle actuel.

Pour élargir le débat il faut évoquer les Droits Fondamentaux et l’article 22 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : « Tout humain a droit à la sécurité sociale ». On entend par sécurité sociale le sens large du terme, à savoir des relations dignes entre personnes et une considération de chaque individu comme membre à part entière d’une société. On peut citer l’exemple de la « monnaie sociale ». A savoir le don en tant que monnaie, il multiplie les possibilités d’échanges, et multiplie les connaissances. « L’objet monnaie » devient alors secondaire.

Dans la société actuelle, l’humain qui est hors du circuit de l’emploi ordinaire est considéré comme « surnuméraire ». Cette notion est facteur d’exclusion et de dénigrement de la considération de la personne. Il faut introduire la notion de partage des activités et revaloriser l’activité au sens propre du terme : je fais, j’agis donc je contribue à la société. Les activités non-productives ou non-salariées ne sont pas assez valorisées.

Le temps est un élément essentiel : Il faut avoir le temps de faire les choses et arrêter de raisonner en se disant que « time is money ». Le recyclage doit être au centre du temps.

Préconisations

Il faut plus de partenariats en amont et en aval de l’économie Circulaire

Il faut plus de rassemblements de territoire comme celui de la CCVL

Il faut d’avantage fédérer les actions individuelles pour une meilleure efficacité

Rémi LLORENS stagiaire CIP à ACIRPE

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