LUCILE BARBERY

Par Le Valdocco 8 mois ago

LE REGARD DES PERSONNES CONCERNÉES PAR LA PROTECTION DE L’ENFANCE

L’approche basée sur le développement du « pouvoir d’agir » lui tient particulièrement à cœur, il est le fil conducteur de sa vie professionnelle.
Le « pouvoir d’agir » est une approche qui vise à permettre aux individus, aux communautés ou aux organisations, d’avoir plus de pouvoir d’action et de décision, plus d’influence sur leur environnement et leur vie.
D’abord une formation en action sociale, puis plusieurs expériences aux côtés des jeunes et des enfants, dont plusieurs mois au sein de l’équipe du Valdocco.
En 2017, Lucile se consacre à la photographie.
Elle oriente son art autour des questions qui la touchent profondément : l’enfance, l’exclusion, la pauvreté, la parole et l’opinion des personnes concernées.

Elle réalise 2 très beaux portfolios sur ces thèmes:

  • Le premier, publié à la fois par Mediapart et par Lien Social, s’appelle «  MALGRÉ TOUT, CHEFFES DE FAMILLES  » :

C’est le portrait de deux femmes dont les enfants ont été concernés par une mesure éducative de l’Aide Sociale à l’Enfance.
Ces mères ont eu le courage de témoigner, pour lutter contre les idées reçues et pointer du doigt des conditions de vie tellement dégradées, qu’elles rendent très difficile l’éducation d’un enfant au quotidien.
https://www.mediapart.fr/studio/portfolios/malgre-tout-cheffes-de-famille

  • Le second, s’appelle « TROUVER SA PLACE  » :

Il est cette fois ci consacré au témoignage d’une vingtaine d’enfants placés et devenus adultes. Comme un miroir du 1er portfolio.
Le Nouvel Obs a récemment publié 5 de ces portraits.
5 portraits, 5 regards qui évoquent tous un passé douloureux, souvent semé de ruptures et de violences, mais aussi de mains tendues pour essayer de « s’en sortir dignement ».
https://www.nouvelobs.com/societe/20191103.OBS20620/des-personnes-m-ont-aidee-mais-pas-le-systeme-paroles-d-anciens-enfants-places.html

Lucile vient également de réaliser une galerie de portraits et de témoignages de personnes ayant été accueillies à Laurenfance (en internat ou en accueil de jour), pour marquer le 10ème anniversaire du foyer.

En voici 2 extraits :


LAURA, 18 ANS

Photo Lucile Barbery

« J’ai été à Laurenfance à mes 15 ans et demi, j’avais quitté l’école super tôt.

Au début, ça faisait bizarre, après être restée chez moi une année à ne rien faire.
Je m’entendais bien avec mon éducatrice, on faisait des activités, des sorties culturelles.
J’ai passé le diplôme de formation aux premiers secours et le permis scooter.
Au début, je n’arrivais pas à aller dans le groupe, j’étais toujours en retrait.
Ce qui m’a aidée, ce sont les éducateurs. Ils ont toujours été là, ils n’ont pas lâché, ils voyaient quand ça n’allait pas.
Là-bas, j’ai passé 2 années comme je n’en avais pas vécu depuis bien longtemps.
Aujourd’hui, je ne me sens pas prête à retourner à l’école.
Ce qui est important pour moi, c’est de trouver un travail et un appartement.
Je suis motivée par mes projets. »

 


JULIEN, 19 ANS                                                                                                                                                         Photo Lucile Barbery

« Je suis arrivé à Laurenfance au milieu de mes 14 ans, et c’était une bonne alternative à mon 1er foyer.
Un foyer, c’est hyper violent, j’étais terrorisé par le cadre et la pression. On est souvent sur la défensive, et ce n’est pas le modèle que j’ai voulu garder pour continuer à me construire.
L’école du foyer, même si les gens qui y bossent sont supers, ça cultive les carapaces. L’apprentissage du relationnel est difficile.
Il n’y a pas de persécuté ni de persécuteur. Si tu persécutes, c’est que t’as été persécuté.
Après le placement, je n’ai pas suivi la mesure d’accompagnement à domicile.
Je suis parti à La Réunion pour travailler. Je voulais autonomie et confort de vie.
Aujourd’hui, je me sens plus calme et plus serein.
Mais je n’ai pas envie de retourner dans un monde d’adolescents.
Quand je passe du temps avec des gens plus vieux que moi, ça m’apporte plus. »


Lucile témoigne :

« J’ai particulièrement apprécié de réaliser cette galerie de portraits pour la structure Laurenfance du Valdocco.
J’ai pu observer de près la bienveillance et l’engagement des équipes bénévoles et salariés à l’égard des jeunes.
La journée anniversaire des 10 ans m’a permis de comprendre quels en étaient les fondements pratiques et théoriques. Les meilleures intentions ne suffisent pas, le Valdocco se donne les moyens d’être cohérent avec ses valeurs. »
Quand elle n’est pas derrière son objectif, Lucile donne des conférences et intervient dans les écoles de formation des travailleurs sociaux.

Ses projets ?
Réaliser un nouveau volet de photos et témoignages sur le thème de la protection de l’enfance : Le regard des enfants et adolescents encore concernés par un placement en foyer ou en famille d’accueil .

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  GRAND LYON
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