Regard d’un polytechnicien sur l’action de remobilisation scolaire à l’Accueil de Jour Laurenfance

Par Le Valdocco 7 années ago0 commentaire

L’Accueil de Jour Laurenfance du Valdocco Grand Lyon se propose d’accompagner des jeunes déscolarisés. Le but de cet article est de partager mon expérience pour essayer de mieux comprendre comment aider ces jeunes à gérer leurs difficultés. Du fait de leur déscolarisation, deux problématiques empêchent souvent ces jeunes de s’impliquer dans les cours : le problème de la concentration et celui de la peur de l’échec.

Dans ce contexte, il est très difficile de faire un cours classique abordant de nouvelles notions. Il faut absolument commencer par des notions simples que tous les jeunes ont déjà abordées. L’intérêt des jeunes doit être stimulé au maximum en se rapportant fréquemment à des exemples concrets et en répondant à toutes les questions posées même si elles paraissent hors sujet. Il faut aussi accepter, tout en tentant de rassurer et d’accompagner, qu’un jeune puisse être dans l’incapacité de suivre le cours et mieux vaut dans ce cas lui proposer une autre activité. Chaque jeune doit être accompagné individuellement. Cependant, il paraît nécessaire de ne pas tomber dans l’assistanat et après avoir expliqué la démarche, le jeune doit pouvoir gagner en autonomie. Pour cela, la valorisation des efforts et le fait de toujours montrer l’erreur comme une composante nécessaire de la réussite doit être mis en place. Il ne faut pas se leurrer, c’est un travail de longue haleine et il est obligatoire de passer par des séances peu fructueuses où on a l’impression de ne pas avancer du tout. L’important est de revenir à froid et individuellement sur les difficultés de chacun.

Jusqu’ici le constat peut paraître morose et les tentatives de remobilisation désespérées. Néanmoins, n’oublions pas que comme toute personne, ces jeunes sont animés par la curiosité, le désir de savoir, et de réussir. De ce fait, il est fréquent que de façon individuelle bien plus collective, un jeune s’implique réellement et adhère au cours. A partir de ce moment, un danger guette : celui de la déconcentration. En effet, l’effort intellectuel est apprécié mais en même temps use rapidement le jeune et au bout d’un certain temps celui-ci exprimera une réelle fatigue qu’il faut prendre en compte. A la fin du cours, les jeunes trouveront que « c’était nul » et qu’ils ont passé un mauvais moment. C’est pour cela qu’il ne faut pas hésiter à rappeler les progressions, les moments où tel jeune était intéressé. Le cours étant fait avec les jeunes, il faut tenir compte du niveau de chacun et construire les cours en fonction d’eux sans leur imposer un rythme qu’ils ne peuvent pas suivre. Du point de vue du comportement, il ne faut exiger des jeunes qu’il soit irréprochable. Cependant certains comportements sont incompatibles avec le travail. Pour éviter les débordements, il faut toujours donner la possibilité au jeune de sortir du cours sans regard moralisateur à son encontre.

En conclusion, le « cours » avec ces jeunes doit se faire de façon participative, ouverte à la discussion et avec la possibilité pour chaque jeune de sortir. Ne jamais perdre de vue que l’objectif ici n’est pas d’être efficace mais surtout de travailler les deux points exposés dans l’introduction : la concentration des jeunes et leur confiance en eux.

Antoine Detailleur, stagiaire polytechnicien au Valdocco Grand Lyon

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